La métrite chez la vache laitière constitue l’une des principales pathologies post-partum en élevage bovin.

C’est quoi une métrite chez la vache laitière ?

La métrite est une inflammation de la muqueuse utérine, causée par une infection microbienne.

Il existe 2 types de métrites :

  • les métrites aigües : elles apparaissent après vêlage, suite à des lésions dues à l’explusion du veau.
  • les endométrites : elles sont visibles au-delà de 3 semaines après vêlage.

Causes d’apparition de la métrite

La très grande majorité des vêlages subissent un envahissement de la matrice utérine par des bactéries présentes dans l’environnement.

Quand l’immunité de la vache est bonne, la matrice utérine évacue de manière naturelle et spontanée ses microbes banaux.

Il arrive que l’agriculteur intervienne lors du vêlage. Il peut alors créer sans le vouloir des microlésions, qui vont rendre difficile cette autostérilisation de la matrice par la vache. Il est donc d’autant plus conseillé de surveiller la vache qui a été aidée au vêlage.

D’autres explications possibles de l’apparition d’une métrite chez la vache laitière sont :

  • un défaut d’immunité chez la vache (particulièrement dû à des carences en calcium, vitamine E, sélénium et magnésium)
  • la présence d’un germe virulent et résistant dans l’environnement
  • un défaut d’hygiène dans la zone de vêlage (litière souillée, humidité élevée, …)

Les vaches hautes productrices sont plus souvent touchées, ainsi que les vaches ayant donné vie à des jumeaux.

Comment reconnaître une métrite chez la vache laitière ?

Détecter une infection utérine n’est pas chose facile.

Il est indispensable de poser un diagnostic exact, de quantifier l’intensité de l’affection pour ajuster le traitement le mieux adapté.

En cas de métrite aigüe :

Les symptômes visibles de la métrite aigüe sont à la fois généraux et locaux :

  • une distension de l’utérus
  • des écoulements vulvaires purulents et nauséabonds, les jours qui suivent le vêlage
  • de la fièvre *, accompagnée d’une baisse de la production laitière
  • une perte d’appétit
  • dans les cas les plus graves, une toxémie

En cas d’endométrite :

Les symptômes visibles de l’endométrite sont principalement locaux :

  • des écoulements au niveau de la vulve, au-delà de 3 semaines post-vêlage
  • des problèmes de reproduction (pas de retour en chaleur, cycle déréglé, échec à l’IA, …), malgré un maintien de l’état général de la vache
métrite vache

Comment soigner une métrite chez la vache laitière ?

Réaliser un examen gynécologique pour vérifier la présence d’une métrite est nécessaire pour adapter le traitement.

Traitements à mettre en place avec l’aide de son vétérinaire

Il existe plusieurs traitements possibles pour la métrite chez la vache laitière. Votre vétérinaire reste votre interlocuteur privilégié.

Selon l’animal, il pourra vous proposer :

  • un traitement antibiotique par voie générale
  • un traitement local de l’utérus, à base d’antiseptique et/ou antibiotique
  • une vidange de l’utérus
  • un soutien de l’animal grâce à l’injection d’anti-inflammatoire, et éventuellement d’hormones de type prostaglandines et ocytocine
  • dans certains cas, une réhydratation par perfusion peut s’avérer utile.

En attendant son vétérinaire

En attendant l’arrivée du vétérinaire, l’éleveur peut procéder à un premier diagnostic. En cas de présences d’un ou plusieurs de signes cliniques (fièvre, écoulements nauséabonds, abbatement de l’animal), il est préférable d’appeler le vétérinaire.

Pour vérifier si une vache a de la fièvre, il est nécessaire de prendre sa température.

La température normale d’une vache est environ de 38°C, quand elle est prise par voie rectale.

Si la température par voie rectale dépasse les 39,5°C, votre vache a de la fièvre.

Quel antibiotique pour une métrite ?

 Les antibiotiques ne doivent être utilisés que dans un contexte curatif et non pas préventif.

Plusieurs antibiotiques ont prouvé leur effet positif sur la guérison des métrites aigües :

  • Le traitement intra-utérin au moyen d’instillation de chlortétracycline (5 g) bihebdomadaire pendant deux semaines
  • L’injection par voie intramusculaire durant trois jours de 600 mg de ceftiofur s’est, en cas de métrite s’accompagnant de symptômes généraux, révélée aussi efficace qu’un traitement local (2500 mg d’ampicilline et 2500 mg de cloxacilline) associé pendant 3 jours à un traitement général (6000 mg d’ampicilline ou 600 mg de ceftiofur)

En cas d’acétonémie, l’injection d’ocytocine ou de prostaglandine F2α est dénuée d’effet. De même, les instillations intrautérines de grands volumes (litres) de solutions antiseptiques iodées ou non sont à proscrire, surtout s’ils ne peuvent être récupérés par drainage.

Pr Christian Hanzen

Service de Thériogenologie des animaux de production, Faculté de Médecine Vétérinaire de Liège

Le vétérinaire peut proposer une mise en culture des pertes vaginales, afin de déterminer quel antibiotique est le plus approprié pour éliminer les micro-organismes décelés.

Quels traitements complémentaires pour soigner une métrite chez la vache ?

Les traitements phtyothérapeuthiques peuvent s’avérer efficace lors d’affections utérines.

Le tableau rassemble les plantes et huiles essentielles utilisables en cas de métrite :

tableau phyto métrite vache

Source : Guide VetoPhyt, Savetis

Les extraits de plantes peuvent être administrés par voie orale 1 à 2 fois par jour pendant 5 jours environ. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution et parcimonie. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Comment éviter l’apparition des métrites ?

La prévention est cruciale pour éviter l’apparition de métrites.

Origine alimentaire :

Si les causes des métrites ne sont ni infectieuses ni obstétricales, l’état d’engraissement des vaches lors de la préparation au vêlage et la composition de l’alimentation doivent être examinés.

Une vache trop grasse au vêlage peut présenter un tonus musculaire utérin plus faible, une fatigue accentuée au moment du vêlage. Une vache trop maigre est, elle, plus sensible aux infections microbiennes.

L’objectif est d’avoir des vaches avec une note d’état corporel (NEC) autour de 3,5, de la phase de tarissement jusqu’au vêlage.

Demandez à notre nutritionniste indépendant de vérifier la ration de vos vaches en préparation au vêlage.

Origines vitaminique et minérale :

La complémentation minérale et vitaminique est indispensable, notamment en :

  • sélénium : stimule la contraction utérine
  • calcium : de faibles taux de calcium contribuent à l’apparition des rétentions placentaires
  • vitamine A : répare les tissus épithéliaux qui tapissent les organes
  • vitamine E : possède des propriétés anti-oxydantes et maintient ainsi l’intégrité cellulaire.

Pensez donc à minéraliser vos vaches, surtout en phase de tarissement et préparation au vêlage.

Tout comme l’administration de vitamines, l’administration de minéraux ne devrait jamais être effectuée de manière systématique mais devrait toujours être réalisée dans un but thérapeutique bien précis, considérant les besoins journaliers et les apports alimentaires. Il est également important de rappeler que pour certains minéraux, le surdosage peut donner lieu à une intoxication ; c’est le cas pour le fer, le cuivre et le calcium.

Vet Compendium

Origine environnementale :

Il convient de veiller à l’hygiène des locaux et zones dans lesquels évolue la vache à l’approche du vêlage.

Il faut à tout prix réduire le risque d’infections lors du vêlage. Pour cela, la litière doit être propre, sèche et n’avoir connu aucun animal malade.

La case d’infirmerie ne doit pas servir de case de vêlage !

Origine humaine :

Il a été prouvé que plus l’humain intervient pendant le vêlage, plus le risque de métrite est élevé.

En cas d’intervention, même si vous êtes dans l’urgence, pensez absolument à :

  • laver la région périnéale avec un désinfectant, du savon et de l’eau tiède
  • désinfecter les équipements d’intervention
  • mettre des gants à usage unique

Impacts économiques de la métrite

La métrite peut entraîner d’importants coûts économiques pour les éleveurs de vaches laitières.

Outre les coûts liés aux traitementx, il y a également une réduction de la production laitière chez les animaux atteint de métrites.

Les pertes économiques peuvent devenir importantes puisque les résultats de reproduction se dégradent, ce qui cause des coûts d’insémination plus élevés, un taux de réforme plus important et un allongement de l’intervalle vêlage – 1è IA fécondante.

Conclusion

La métrite est une infection utérine à ne pas négliger. Elle peut avoir des conséquences néfastes sur la production laitière et la rentabilité d’une exploitation.

La prévention et la gestion appropriées de ces infections sont essentielles pour assurer la santé et la reproduction chez la vache laitière.

Pour anticiper la survenue de la métrite chez la vache laitière, faites appel à un conseiller indépendant en élevage. Il vous orientera de manière individualisée sur les conseils de prévention à mettre en œuvre.

Sources bibliographiques :

Non-délivrances et métrites chez la vache laitière, Le Point Vétérinaire n° 259 du 01/10/2005, Marc Aubadie-Ladrix ici

Traitement des infections utérines chez la vache, Abstract Vet # 9 | page 29, Pr Christian Hanzen ici