Le colza fourrager représente une solution économique pour l’autonomie protéique des exploitations laitières.
Cette crucifère s’adapte parfaitement aux besoins des éleveurs recherchant un fourrage riche en protéines.
Son implantation simple et sa croissance rapide en font un complément idéal aux rations à base de maïs ensilage.
Table des matières
Caractéristiques techniques du colza fourrager
Le colza fourrager (Brassica napus) appartient à la famille des crucifères. Cette espèce hivernante développe un système racinaire pivotant performant.
Le poids de mille grains atteint 3,3 grammes en moyenne.
Le coût des semences varie entre 11 et 25 euros par hectare. La densité de semis recommandée s’établit à 6 kg/ha en culture pure.
Valeurs nutritionnelles du colza fourrager
En culture dérobée, au stade floraison, le colza fourrager affiche 0,81 UFL 2018 par kg de matière sèche.
Il contient 77 g de PDI et 25 g de PDIA par kg de MS.
Sa teneur en matières azotées totales atteint 150 g/kg MS, avec une dMO à 71%.
Ces valeurs nutritionnelles équivalent à celles d’une herbe de printemps.
Le colza fourrager permet d’économiser environ 700 grammes de correcteur azoté pour 4 kg distribués.
Utilisation dans les rations pour vache laitière
La proportion de colza fourrager ne doit pas dépasser 20% de la matière sèche totale.
Il constitue un excellent complément en azote dégradable pour les rations.
Une transition alimentaire de 8 à 15 jours s’avère nécessaire pour habituer le rumen.
L’arrêt de la consommation une heure avant la traite évite le goût de colza dans le lait. Cette précaution garantit la qualité organoleptique du produit, notamment pour les élevages qui transforment à la ferme.
Itinéraire technique de semis
Préparation du sol et semis
Le semis s’effectue immédiatement après la récolte de la culture précédente. Cette pratique valorise les réserves hydriques et nutritives du sol. La profondeur optimale varie entre 2 et 4 cm selon l’humidité.
Le semis sous la coupe ou avec semoir à dents offre les meilleurs résultats.
Le semis direct sur chaume reste possible avec un semoir à disques. L’objectif vise 200 plants au mètre carré pour assurer une couverture homogène.
Fertilisation et protection
Le colza fourrager valorise efficacement les reliquats azotés après légumineuses.
Un apport total de 80 unités d’azote par hectare suffit généralement.
Les limaces représentent le principal risque sanitaire au semis précoce. Un roulage après semis limite les dégâts potentiels. La croissance rapide étouffe naturellement les adventices sans intervention chimique.
Rotation culturale
Le colza fourrager s’intègre difficilement après d’autres crucifères (colza, choux). Ce risque sanitaire concerne principalement la hernie des crucifères.
Avant betterave, le risque de multiplication du nématode Heterodera schachtii impose des précautions. Le semis tardif limite ce risque phytosanitaire. Les variétés nématicides de moutarde ou radis constituent des alternatives.
Destruction et implantation suivante
Le labour reste le mode de destruction le plus efficace. Les autres techniques (déchaumage, glyphosate) montrent une efficacité variable. Plus le couvert se développe, plus sa destruction devient délicate.
La destruction précoce (avant montaison) optimise la valorisation par la culture suivante. Un enfouissement tardif enrichit le sol en matière organique. Cette restitution atteint 60 à 80 unités d’azote par hectare.
Modes de récolte et utilisation
Paturage au fil
Le pâturage au fil constitue la méthode de valorisation privilégiée. Il faut prévoir 20 m² de surface par vache selon la hauteur du couvert. La conduite au fil permet de rationner la consommation quotidienne. Cette technique limite les risques de météorisation liés à l’ingestion excessive.

Récolte et conservation
L’affouragement en vert convient aux parcelles éloignées ou peu portantes. Cette méthode apporte un fourrage frais de qualité constante. La distribution à l’auge facilite le contrôle des quantités ingérées.
L’ensilage reste possible malgré la forte teneur en eau. Un préfanage au champ améliore la conservation du produit.
Gestion économique et rendements
Le colza fourrager présente un coût de semences attractif entre 3 et 4 euros par kg. Avec 6 kg/ha, l’investissement semences reste modéré.
Les charges d’implantation se limitent au travail du sol et au semis. L’absence de traitement phytosanitaire systématique réduit les coûts.
Les rendements varient de 2 à 5 tonnes de matière sèche par hectare. Cette production s’obtient en 60 à 80 jours pour les variétés précoces. Les conditions climatiques influencent fortement ces performances.
La variabilité interannuelle nécessite une planification prudente des stocks. L’intégration dans un système fourrager sécurise l’alimentation. Cette stratégie limite les risques liés aux aléas climatiques.
Conclusion
Le colza fourrager constitue un levier technique performant pour l’autonomie protéique des élevages laitiers. Sa facilité d’implantation et sa richesse nutritionnelle en font un complément idéal aux rations traditionnelles en vaches laitières. Une conduite technique maîtrisée garantit sa valorisation optimale par les animaux.
En cas de besoin, rapprochez-vous de votre conseiller d’élevage ou nutritionniste indépendant.

Article rédigé par Eva Garre
Eva est nutritionniste indépendante pour les éleveurs bovins. Elle accompagne les éleveurs pour atteindre l’autonomie alimentaire et maximiser leur rentabilité.
Contactez Eva au 06.59.58.22.32 ou par mail eva@evaenelevage.fr

