Rénover une vieille prairie n’est pas chose facile.

Découvrez nos conseils pour mettre en avant son potentiel !

Comment savoir qu’il est temps de renouveler sa prairie ?

Les signaux d’alerte sont simples :

  • une perte de productivité, tant en quantité qu’en qualité : un rendement inférieur à 2 tMS/ha est coûteux, surtout quand les espèces récoltées ne sont pas en majorité des légumineuses.
  • des plantes bio indicatrices de sols compactés et étouffés
  • une présence forte d’Agrostis, espèce fourragère peu intéressante d’un point de vue nutritionnel

Que nous indiquent les plantes présentes ?

Les plantes bio indicatrices peuvent donner des indications quant à l’équilibre minéral, du pH du sol …
Quelques exemples :

  • Porcelle enracinée : signe de compactage du sol et d’un pH acide.
  • Ronce : signe d’excès de carbone dans le sol
  • Fougère : présente dans les parcelles sous-pâturées (abandon d’exploitation), et signe d’un pH du sol acide
  • Plantain majeur : signe d’une terre lourde et compactée. A ne pas confondre avec un plantain lancéolé, qui signifie le contraire !

La liste est non exhaustive.

Comment procéder à la rénovation de la prairie ?

Cinq conseils peuvent être appliqués :

⇒ 1. Faucher ou pâturer ras

Les espèces non désirées seront amputées de leurs organes de reproduction, ce qui limitera, dans la plupart des situations, leur prolifération.

Dans le cas où un pâturage serait effectué, il serait nécessaire d’ajuster l’apport de fumier en étape 4.

⇒ 2. Couper les branches basses

En cas d’abandon de prairies, il est souvent nécessaire d’élaguer les branches des arbres qui s’abattent sur les clôtures.

Il est important de rappeler que certaines essences sont dangereuses pour les ruminants.
C’est notamment le cas du chêne avec ses chutes de glands.

En cas d’ingestion à plus de 1 kilogramme par jour pendant 15 jours consécutifs, le pronostic vital de l’animal est engagé.
Les autres plantes responsables de troubles d’intoxication sont généralement l’if, la morelle noire, le laurier rose, la fougère aigle, la mercuriale, le thuya, ou encore le galéga officinal.

Le renouvellement d’une prairie est aussi l’occasion de vérifier les clôtures, les rénover, en prenant soin de laisser des coins à l’ombre pour permettre aux animaux de s’abriter du soleil.

⇒ 3. Chauler

Le chaulage de prairies se raisonne différemment selon sa durée.

Les prairies dites de longue durée (plus de 5 ans) doivent tenir compte de 4 grandes caractéristiques du sol : la diversité des espèces en place (graminées, légumineuses), la densité racinaire, la présence de gradients verticaux qui illustrent des strates de concentration en éléments nutritifs, la variabilité du pH.

Le chaulage de prairies longue durée permet de limiter la toxicité aluminique et l’acidification du sol.
En sol acide, l’aluminium devient toxique pour les végétaux et leur développement. Le chaulage permet aussi de stimuler l’activité biologique, en augmentant la minéralisation de la matière organique.

Pour connaître l’apport nécessaire, il est d’abord nécessaire de mesurer le pH eau sur la limite 0 à 5 cm en surface du sol. Puis, selon le résultat, la stratégie de chaulage sera adaptée : un « redressement » si le pH est inférieur à 5,3 ; un « entretien » si le pH est compris entre 5,3 et 5,8 sauf si la parcelle se situe en zone difficile (marais, etc).

⇒ 4. Apporter du fumier

La fertilisation NPK doit être adaptée pour que les espèces en place expriment leur potentiel, tout en respectant les règlementations en vigueur.

Une prairie consomme en moyenne, pour produire une tonne de matière sèche :
◊ 20 unités d’azote
◊ 5 unités de phosphore
◊ 20 unités de potasse
Ces données varient selon ses besoins, son potentiel et son type d’exploitation (fauche, pâture).

En général, pour couvrir les besoins de la prairie, il est conseillé d’apporter :
◊ 15 t/ha de compost bovin
◊ 20 t/ha de fumier bovin
◊ 25 m3 de lisier bovin

Il est préférable d’épandre à l’automne, des fumiers vieillis ou compostés, pour profiter de leur effet azote lent, qui permettront une bonne pousse de printemps.

Les fumiers et fientes de volailles sont extrêmement déconseillés au vu du risque de botulisme, maladie provoquée par les toxines provenant de la bactérie Clostridium botulinum.

⇒ 5. Faire un sur semis d’automne sans labour

Au semis à la volée avec une herse étrille. Ou bien avec un semoir à céréales dont les éléments semeurs auront été relevés.

L’effet « semis en lignes » et le salissement des inter-lignes seront donc limités. Les semences seront recouvertes par l’effet du peigne ou la herse.

Les espèces fourragères agressives, qui répondent favorablement au sursemis d’automne sont, pour les graminées, le ray-grass anglais, et pour les légumineuses, les trèfles blanc et violet.

Le sursemis de dactyle est déconseillé à cause de la petite taille de sa graine, qui la rend fragile et peu vigoureuse, avec une implantation très lente.

Pour choisir les bonnes variétés, le site internet Herbe Book (lien) peut vous aider. Les variétés les plus récemment inscrites au catalogue sont celles dont la résistance aux maladies est plus élevée et les rendements été / automne plus élevés.

Les semences fourragères possèdent très peu de réserves. Elles doivent lever le plus rapidement possible. La profondeur de semis ne doit donc pas excéder 1 cm.

Pour connaître les doses de semis adéquates selon le mélange retenu, le site du calculateur de doses de semis est conseillé.

Rénover sa prairie en vidéo !

La vidéo pour rénover sa prairie sans chimie est disponible ci-desssous ou sur notre chaîne Youtube.

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