Les ensilages de maïs 2026 présentent des valeurs alimentaires très variables après l’été sec. Les premières analyses montrent des écarts importants en amidon, en fibres et en matière sèche. Voici comment interpréter ces résultats pour adapter l’alimentation de vos vaches laitières.
Ensilage de maïs 2026 : les premiers résultats d’analyses
Pour étudier cette récolte, j’ai regroupé une dizaine d’analyses d’ensilage de maïs 2026 issues d’élevages laitiers du Grand Ouest. Elles donnent un aperçu des situations rencontrées pour préparer les rations hivernales.
Ce travail ne constitue pas une enquête représentative de toute la région. Chaque échantillon compte de la même façon dans la moyenne, indépendamment du volume récolté.
Le résultat le plus marquant concerne l’amidon : cinq maïs sur huit contiennent moins de 22 % d’amidon, tandis que trois dépassent 33 %.
Critère | Moyenne des analyses 2026 | Minimum–maximum |
Matière sèche | 35,0 | 30,5–43,1 |
Amidon, % MS | 26,1 | 17,2–38,1 |
Cellulose brute, % MS | 22,2 | 17,2–25,7 |
NDF, % MS | 47,1 | 37,6–52,6 |
Digestibilité du NDF, % NDF | 55,3 | 44,9–63,8 |
dMO, % | 72,3 | 70,4–73,7 |
Matières azotées totales, % MS | 7,76 | 5,93–9,00 |
Énergie, UFL 2018/kg MS | 0,96 | 0,93–0,98 |
Phosphore, g/kg MS | 1,99 | 1,68–2,22 |
Calcium, g/kg MS | 2,75 | 2,33–3,35 |
Magnésium, g/kg MS | 1,34 | 1,14–1,51 |
Que change la sécheresse dans la composition du maïs ?
Un épisode sec ne produit pas les mêmes effets selon sa date, son intensité et les conditions de la parcelle.
Lorsque le manque d’eau intervient autour de la floraison, la fécondation peut être perturbée et certains grains peuvent avorter. Si le stress arrive plus tard, le remplissage des grains peut être limité. Le maïs récolté contient alors potentiellement moins de grains et moins d’amidon.
Cependant, la valeur alimentaire ne dépend pas uniquement de l’épi. Les tiges et les feuilles apportent aussi de l’énergie lorsqu’elles sont digestibles. L’apparence desséchée d’un maïs ne suffit pas à conclure à une faible valeur énergétique.
Ensilage de maïs 2026 et 2025 : quelle comparaison ?
Le bilan national d’Arvalis 2025 indiquait une moyenne de 32,9 % d’amidon et de 0,96 UFL 2018/kg MS.
Dans la dizaine d’analyses d’ensilage de maïs 2026 étudiées ici, l’amidon atteint en moyenne 26,1 % MS, soit 6,8 points de moins. La concentration énergétique moyenne reste pourtant à 0,96 UFL 2018/kg MS.
Cette observation est intéressante pour le rationnement : un fourrage moins riche en amidon peut conserver une valeur énergétique satisfaisante grâce aux autres constituants digestibles.
Attention à la portée de cette comparaison. Nous confrontons un petit groupe de terrain à une référence nationale. Il ne s’agit pas du suivi des mêmes parcelles entre 2025 et 2026. Ces résultats ne permettent donc pas de mesurer une baisse générale de qualité, ni d’isoler l’effet de la sécheresse.
Amidon, cellulose et NDF : lire les valeurs ensemble
La cellulose brute varie de 17,2 à 25,7 % MS. Dans notre groupe, les maïs les moins riches en amidon présentent les teneurs en cellulose les plus élevées.
Pour autant, davantage de cellulose ne signifie pas automatiquement une moins bonne valorisation par la vache.
Prenons deux analyses :
| Profil du maïs | Amidon | Digestibilité du NDF | UFL 2018/kg MS |
| Maïs pauvre en amidon | 17,2 % MS | 63,8 % | 0,96 |
| Maïs riche en amidon | 38,1 % MS | 44,9 % | 0,98 |
Les valeurs UFL sont proches, mais les profils sont différents. Le premier maïs apporte davantage d’énergie par sa fraction fibreuse digestible. Le second est beaucoup plus riche en amidon.
La cellulose brute et le NDF décrivent des fractions différentes des fibres. La digestibilité du NDF renseigne sur leur utilisation digestive. Quant à la dMO, elle concerne la digestibilité de l’ensemble de la matière organique.
Aucun de ces indicateurs ne décrit à lui seul le fonctionnement de la ration. Il faut aussi observer la longueur des particules, l’homogénéité du mélange et le tri réalisé par les animaux.
Ensilage de maïs 2026 : commencer par la matière sèche
Avant de modifier les concentrés, vérifiez la quantité de matière sèche réellement apportée par le maïs.
La formule est simple : Quantité de maïs en kg MS = quantité brute distribuée × taux de MS ÷ 100
Pour une distribution de 30 kg brut par vache et par jour :
- à 30,5 % MS, le maïs apporte 9,2 kg MS
- à 43,1 % MS, il apporte 12,9 kg MS.
L’écart représente près de 3,8 kg MS par vache et par jour, pour un même poids chargé dans la mélangeuse.
Ces 2 situations ne correspondent donc pas au même apport alimentaire. Une erreur de matière sèche peut fausser le calcul de l’énergie, de l’azote et des minéraux distribués.
L’analyse doit également être représentative du fourrage consommé. Un silo hétérogène ou un changement de zone de reprise peut justifier une nouvelle vérification.
Comment ajuster les concentrés avec ces ensilages de maïs 2026 ?
Un maïs pauvre en amidon ne conduit pas automatiquement à distribuer davantage de céréales.
Pour 12 kg MS de maïs consommés quotidiennement, un fourrage à 20 % d’amidon en apporte 2,4 kg, contre 4,2 kg pour un maïs à 35 %. L’écart atteint 1,8 kg d’amidon.
Mais la correction dépend de la ration complète : ensilage d’herbe, foin, autres fourrages, céréales, coproduits et concentrés distribués.
Il faut vérifier les apports énergétiques, la disponibilité de l’azote dans le rumen et la place des fibres. Les analyses étudiées dans cet article présentent d’ailleurs une balance protéique du rumen négative, malgré des teneurs en MAT allant de 5,93 à 9 % MS.
L’objectif est de couvrir les besoins des animaux avec les ressources disponibles, puis de choisir la complémentation nécessaire.
Phosphore, calcium et magnésium : recalculer les apports
Les minéraux du fourrage doivent aussi entrer dans le calcul de ration.
Avec les teneurs moyennes observées, une consommation de 12 kg MS de maïs apporte environ :
- 24 g de phosphore
- 33 g de calcium
- 16 g de magnésium.
Il s’agit des quantités totales contenues dans le fourrage, avant prise en compte de leur disponibilité.
Les écarts entre analyses comptent également. À cette même quantité de maïs, l’apport de calcium varie d’environ 28 à 40 g par jour.
Il faut additionner les contributions des autres aliments, puis les confronter aux besoins des animaux pour déterminer la complémentation. Ces résultats ne permettent toutefois pas de conclure que les maïs 2026 sont plus ou moins riches en minéraux que ceux de 2025 : nous ne disposons pas ici d’une référence comparable.
Conclusion
Les premières analyses d’ensilage de maïs 2026 montrent surtout une grande diversité de profils alimentaires. Pour préparer l’hiver, associez l’analyse du fourrage, la mesure des stocks et l’observation des quantités ingérées. Cette démarche permet d’ajuster les concentrés et les minéraux sur des données propres à votre élevage.

Eva est conseillère indépendante pour les éleveurs de vaches laitières, dans le Grand Ouest de la France. Elle accompagne les éleveurs pour tendre vers plus d’autonomie décisionnelle et maximiser leur rentabilité.
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